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Observer les amphibiens nocturnes de France métropolitaine

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Crapaud, grenouille, rainette, salamandre, triton… Pour enfin savoir comment les différencier, plongez-vous dans la fiche ! Retrouvez-y également une sélection d’espèces visibles en France, avec photos, anecdotes et chants. Et pour favoriser la préservation de ces espèces fragiles, suivez les conseils pratiques.

1. Comment observer des amphibiens ?

Quand ?

Toute l’année sauf en hiver. Par temps doux, sombre et humide, surtout après un épisode de sécheresse. Et surtout la nuit !

Le printemps est idéal : les rassemblements pour la reproduction peuvent être très nombreux, et la présence des crapauds et des grenouilles, qui chantent pour attirer les femelles, est facile à détecter.

Où ?

Selon la période de leur vie et le moment de l’année, les amphibiens vivent sur terre (vie adulte) ou dans l’eau (croissance, reproduction).

C’est près de l’eau, pendant la croissance et la reproduction, qu’il est le plus facile de voir ces animaux très discrets. Cherchez des points d’eau peu profonds (mares, fossés, voire flaques !), comprenant de la végétation et où l’accès à l’eau se fait par une pente douce.

Attention ! Il est important de repérer les lieux de jour afin d’éviter les reliefs accidentés et autres trous d’eau pendant la visite nocturne.

Les indispensables

- une lampe frontale avec un filtre rouge (créé avec du scotch, un papier de bonbon…)
> pour ne pas éblouir les animaux ni perturber les insectes
> le passage à la lumière blanche doit se faire avec parcimonie et précaution

- un appareil photo à utiliser sans flash
> les animaux nocturnes sont très sensibles à la luminosité donc le flash est à proscrire
> privilégiez le crépuscule et l’aube pour vos photos !

- des jumelles 8x40 ou 10x50
> quand l’observation se fait lorsqu’il y a encore un peu de lumière du jour
> pour repérer sans effrayer ces animaux petits, craintifs et dont les couleurs se fondent dans leur environnement

- un carnet de notes

- un enregistreur (dictaphone, téléphone portable…)
> pour identifier les animaux, les réécouter, se constituer une sonothèque…

- des bottes

- des vêtements chauds, voire un imperméable
> éviter ceux en matières bruyantes pour ne pas se faire repérer

- un téléphone portable, des provisions (eau, biscuits), des piles de rechange pour la lampe

- une carte et une boussole ou un GPS

- une trousse de premiers secours.

La qualité essentielle ?

La patience ! A combiner avec la curiosité et le respect. Ce sont des animaux petits et craintifs. Mais s’ils se cachent rapidement, ils réapparaissent facilement après un temps d’attente.

Les précautions à prendre

Petit rappel Tous les amphibiens de France sont protégés. Il est interdit de déranger, déplacer, prélever et évidemment détruire les amphibiens de France, quel que soit leur stade de vie : œufs, larves ou têtards, adultes, vivants ou morts.

- Il faut éviter le plus possible de perturber le milieu que vous visitez, aussi bien végétal qu’animal.

- Privilégiez l’observation non-intrusive ! Restez au bord du point d’eau.

- Pour éviter la propagation de maladies, pensez à changer de chaussures une fois la mare quittée, et à désinfecter vos chaussures une fois à la maison. Du Virkon ou de l’eau de Javel, un rinçage à l’eau claire et le tour est joué !

2. Les espèces visibles en France

Les amphibiens se caractérisent par une métamorphose au cours de leur développement. Cette transformation s’accompagne le plus souvent d’un changement de milieu de vie, de l’eau vers la terre. La plupart des amphibiens sont nocturnes.

En France on rencontre deux ordres d’amphibiens : les urodèles (salamandres et tritons), qui ont une queue, et les anoures (crapauds, grenouilles et rainettes), qui n’en ont pas à l’état adulte.

2.1. Comment reconnaître ce que je vois ?

AMPHIBIENS ADULTES

Les urodèles

 

© MNHN© MNHN

Attention Ne confondez pas les urodèles avec les lézards ! Les lézards sont des reptiles, leur peau est sèche et composée d’écailles.

Crapaud ou grenouille ? Les vraies réponses

© MNHN© MNHN

LES LARVES ET LES TÊTARDS

© MNHN© MNHN

ET LES OEUFS DANS LA MARE ?

© MNHN© MNHN

Et les salamandres ? A l’exception d’une espèce, les salamandres sont vivipares, c’est-à-dire qu’elles relâchent non pas des œufs, mais des larves (des œufs qui ont éclos et ont commencé à se développer à l’intérieur du ventre de la femelle).

 

2.2. Une sélection d’espèces visibles en France

La quarantaine d’espèces vivant en France métropolitaine se nourrit principalement de petits vertébrés, que ce soit, selon les espèces, des insectes, des mollusques - vers ou limaces, ou des araignées.

ORDRE DES URODÈLES - FAMILLE DES SALAMANDRIDÉS

Salamandre tachetée Salamandra salamandra
Environ 20 cm de long.

Caractéristiques Elle vit à l’endroit où elle est née, et pour chasser elle s’aide de sa vue mais aussi de son odorat.

Signe particulier C’est un amphibien mais si vous en voyez une, ne la mettez pas à l’eau ! La salamandre vit et se reproduit sur terre, et c’est une assez piètre nageuse.

 

© Françoise Serre-Collet / MNHN© Françoise Serre-Collet / MNHN

Où et quand la voir

Aquatique au stade larvaire et en période de reproduction (début de l’été). Nocturne et terrestre à l’âge adulte.

Visible du printemps à l’automne, après le coucher du soleil et par temps pluvieux. Passe l’hiver dans des souches et les tas de feuilles mortes.

En savoir plus avec l’Inventaire national du Patrimoine naturel
> http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/92

La voir en vidéo avec le Tour de France de la Biodiversité
> http://www.dailymotion.com/video/x20o7i1_la-salamandre-tachetee-le-tour-de-france-de-la-biodiversite-12-21_animals

Triton palmé Lissotriton helveticus
Environ 10 cm de long.

Caractéristiques C’est le triton le plus abondant en France, et également l’un des plus petits !

Signe particulier Il se reproduit tous les ans dans la même mare. Il se repère grâce au bouquet d’odeurs caractéristique qu’elle dégage, au magnétisme terrestre, et grâce aux cris des grenouilles qui y vivent.

Triton en phase aquatique © Françoise Serre-Collet / MNHNTriton en phase aquatique © Françoise Serre-Collet / MNHN

Où et quand le voir
Aquatique au stade larvaire et en période de reproduction (fin de l’hiver), même dans de simples flaques.
Terrestre et nocturne à l’âge adulte.

S’abrite dans les souches.

En savoir plus avec l’Inventaire national du Patrimoine naturel
> http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/444432

ORDRE DES ANOURES - FAMILLE DES ALYTIDÉS

Alyte accoucheur, ou crapaud accoucheur Alytes obstetricans
Environ 5,5 cm de long.

Caractéristiques Le mâle aide la femelle à « accoucher » des ovules en lui massant le ventre et le cloaque. Il les féconde et enroule les œufs ainsi formés entre ses pattes arrière. Il les portera jusqu’à leur éclosion.

Signe particulier Lorsque les têtards commencent à bouger à l’intérieur de leurs œufs, il va les tremper pour provoquer l’éclosion !

© Françoise Serre-Collet / MNHN© Françoise Serre-Collet / MNHN

Où et quand le voir
Au printemps et en été, de nuit.
A proximité d’un point d’eau.

L’écouter
Le chant flûté des mâles ressemble à celui du hibou petit-duc.
> http://bufo.alsace.free.fr/especes/Alytes_obstetricans.html

En savoir plus avec l’Inventaire national du Patrimoine naturel
> http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/197

ORDRE DES ANOURES - FAMILLE DES BUFONIDÉS

Crapaud commun Bufo bufo
Environ 10 cm de long.

Caractéristiques Les cordons d’œufs du crapaud commun sont les plus longs de France : jusqu’à 5 mètres de long et 10 000 œufs !

Signes particuliers L’espèce de crapaud la plus répandue en France.
Il parcourt plusieurs kilomètres pour rejoindre son site de reproduction, qu’il retrouve en utilisant son odorat et le magnétisme terrestre.

© Françoise Serre-Collet / MNHN© Françoise Serre-Collet / MNHN

Où et quand le voir
En mars-avril, par une nuit pluvieuse.
C’est l’espèce que l’on rencontre le plus lors des migrations printanières.

L’écouter
Il émet des cris brefs et grinçants, parfois des clics qui évoquent des parasites électriques 
Leurs rassemblements pour la reproduction sont impressionnants et bruyants !
> http://bufo.alsace.free.fr/especes/Bufo_bufo.html

En savoir plus avec l’Inventaire national du Patrimoine naturel
> http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/259

ORDRE DES ANOURES - FAMILLE DES RANIDÉS

Grenouille rousse Rana temporaria
Environ 10 cm de long.

Caractéristiques On la distingue des grenouilles vertes par sa couleur bien sûr, mais aussi par la présence d’une tache temporale brune qui englobe l’œil.

Signe particulier Si en Scandinavie, elle peut hiberner jusqu’à 9 mois au fond de l’eau (le record européen), en France elle est au contraire l’une des premières à se manifester.

© Françoise Serre-Collet / MNHN© Françoise Serre-Collet / MNHN

Où et quand la voir
La chercher ou l’écouter au printemps, de nuit, quand de très nombreux rassemblements ont lieu pour la reproduction.

L’écouter
Elle chante sous l’eau, donc voici l’une des rares occasions de pouvoir l’entendre !
> http://bufo.alsace.free.fr/especes/Rana_temporaria.html

En savoir plus avec l’Inventaire national du Patrimoine naturel
> http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/351

ORDRE DES ANOURES - FAMILLE DES PÉLOBATIDÉS

Pélobate cultripède Pelobates cultripes
Environ 10 cm de long.

Caractéristiques Sa peau est lisse, de couleur beige avec des taches brunes ou vertes. Il a un profil arrondi, et un iris de couleur dorée ou argentée.

Signes particuliers Avec le pélobate brun, le pélobate cultripède est le seul amphibien fouisseur d’Europe.
Les têtards de pélobate cultripède sont parmi les plus grands d’Europe : ils peuvent dépasser les 10 cm de long !

© Françoise Serre-Collet / MNHN© Françoise Serre-Collet / MNHN

Où et quand le voir
Sur la terre ferme, de nuit, par temps doux et pluvieux.
Au moment de la reproduction, de mars à mai. Car le reste de sa vie, il est souvent enfoui sous terre !

L’écouter
> http://www.fonozoo.com/eng/versonidoAmphibia.php?id=577250&registro=pu

En savoir plus avec l’Inventaire national du Patrimoine naturel
> http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/235

ORDRE DES ANOURES - FAMILLE DES PÉLODYTIDÉS

Pélodyte ponctué Pelodytes punctatus
Environ 4,5 cm de long.

Caractéristiques C’est un petit anoure, agile comme les grenouilles, et bien verruqueux comme les crapauds.

Signe particulier Sa peau verruqueuse et ses couleurs expliquent son ancien nom de « crapaud persillé ». D’autant plus qu’il peut sentir l’ail !

© Françoise Serre-Collet / MNHN© Françoise Serre-Collet / MNHN

Où et quand le voir
De nuit, sur la terre ferme.

L’écouter
Au printemps son chant est reconnaissable entre tous : c’est comme si deux boules de pétanque s’entrechoquaient. Il produit aussi des sortes de grincements.
> http://www.fonozoo.com/eng/versonidoAmphibia.php?id=577257®istro=pu
> http://www.fonozoo.com/eng/versonidoAmphibia.php?id=577259®istro=pu
> http://www.fonozoo.com/eng/versonidoAmphibia.php?id=577258®istro=pu

En savoir plus avec l’Inventaire national du Patrimoine naturel
> http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/252

ORDRE DES ANOURES - FAMILLE DES HYLIDÉS

Rainette verte Hyla arborea
Environ 5 cm de long.

Caractéristiques On la reconnaît facilement à sa couleur vert pomme et sa bande sombre qui part de l’œil.
Si elle n’a pas de tache en forme de virgule au-dessus de la cuisse c’est que vous êtes en face d’une rainette méridionale.

Signe particulier Elle fractionne sa ponte en petits paquets de 10 à 50 œufs qu’elle attache à une brindille.

© Françoise Serre-Collet / MNHN© Françoise Serre-Collet / MNHN

Où et quand la voir
Au printemps, de nuit.
Elle ne vit pas du tout sur terre, mais dans les arbres et les grandes herbes!

L’écouter
Les chœurs des mâles sont particulièrement puissants.
> http://bufo.alsace.free.fr/especes/Hyla_arborea.html

En savoir plus avec l’Inventaire national du Patrimoine naturel
> http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/281

ORDRE DES ANOURES - FAMILLE DES RANIDÉS

Grenouille-taureau Lithobates catesbeianus
Espèce introduite et envahissante d’Amérique du Nord
Environ 25 cm.

Caractéristiques Cette très grande grenouille peut peser jusqu’à 1 kg !
Ce grand cercle derrière son œil, c’est son tympan. Chez la grenouille-taureau il est très grand, et souligné d’un bourrelet.
Contrairement à beaucoup d’autres grenouilles, elle n’a pas de bourrelets le long du corps (latéro-dorsaux).

Signes particuliers Cette espèce venant d’Amérique du Nord est particulièrement envahissante et vorace. Elle se nourrit de tout : grenouilles, petits poissons, crustacés et même oiseaux, reptiles et chauves-souris !
Elle est aussi porteuse du chytride, un champignon mortel pour beaucoup d’autres amphibiens.

© Françoise Serre-Collet / MNHN© Françoise Serre-Collet / MNHN

Où et quand la voir
Dans l’eau ou à proximité.

L’écouter
Au printemps, on la repère grâce à son chant qui rappelle le meuglement d’une vache, et qui, avec sa taille, lui a valu son nom ! Il porte sur une centaine de mètres.
> http://www.fonozoo.com/eng/versonidoAmphibia.php?id=608046&registro=pu

En savoir plus avec l’Inventaire national du Patrimoine naturel
> http://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/459618

3. Comment les protéger et favoriser leur présence

Pourquoi protéger les amphibiens ?
Les amphibiens sont des bio-indicateurs très importants, car ils vivent dans deux milieux au cours de l’année, et que leur peau nue les rend très sensibles aux changements environnementaux. Selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), un amphibien sur cinq est menacé de disparition en France.

Les causes ?
- la fragmentation des habitats (traversés par des routes ou des cultures),
- l’assèchement des zones humides (leurs lieux de reproduction),
- l’écrasement sur les routes,
- la pollution lumineuse qui perturbe les espèces nocturnes,
- l’introduction d’espèces invasives qui les concurrencent, les consomment ou leur transmettent des maladies.

Heureusement, par quelques actions, il est possible de favoriser leur existence !

A la maison
- un amphibien dans la maison ? évitez de le toucher, il va stresser !
- utilisez un seau, ou si vous devez quand même le manipuler, faites-le les mains humides.
L’explication Les amphibiens sécrètent un mucus qui les protège du dessèchement, des champignons et des bactéries. En manipulant des amphibiens les mains sèches, non seulement on leur retire ce mucus, les rendant ainsi plus vulnérables, mais on s’expose aussi à des irritations et des réactions allergiques.

Dans le jardin et les cultures
- conserver des haies et des zones humides
- disposer des tas de bois, déchets verts, pierres…
- ne pas polluer le sol et l’eau avec des pesticides, insecticides, engrais chimiques et autres.
L’explication Ce sont les lieux où les amphibiens vivent et se reproduisent. En hiver comme en été, pour se garantir contre la sécheresse et les températures extrêmes, ces animaux recherchent des abris tels que les amas de pierres, bois et végétaux.

- conserver ou créer une mare
- ne pas introduire de poissons dans les mares
- mettre une clochette au collier du chat
L’explicationLes mares sont des lieux privilégiés de la reproduction des amphibiens, et du développement des œufs et jeunes, précisément du fait de l’absence des poissons (qui sont leurs prédateurs !). Elles sont aussi favorables aux libellules et à d’autres invertébrés, participant ainsi à la préservation des oiseaux et des chauves-souris qui les consomment. Les chats peuvent tuer une soixantaine d’amphibiens par an, alors rendez-leur service en fixant une clochette au collier de votre animal de compagnie.

- que faire s’il y a trop d’amphibiens dans mon jardin ou ma mare ?
L’explication Une mare peut paraître surpeuplée au moment de la reproduction, mais celle-ci n’a lieu que pendant quelques semaines, tout va donc revenir à la normale à court terme. Les têtards et larves récemment métamorphosés qui pourraient être présents dans votre jardin vont eux aussi se disperser.
Rappel Il est interdit de perturber, déplacer, détruire les amphibiens de France, que ce soit des œufs, des larves ou têtards, ou des adultes.

Sur la route
- participer aux campagnes de sauvetage de la fin de l’hiver : les bordures de la route sont bâchées et mènent les amphibiens à des seaux où on les recueille. Comptés et identifiés, on les relâche de l’autre côté de la route, en toute sécurité ! En quelques semaines, plusieurs dizaines de milliers de batraciens peuvent ainsi être sauvés de l’écrasement (à l’échelle d’une région).
L’explication Les amphibiens effectuent chaque année des migrations (de quelques dizaines de mètres à quelques kilomètres) pour rejoindre et quitter leur lieu de reproduction. Celles de la fin de l’hiver sont massives car il s’agit de ne pas rater le début de cette période cruciale. Un crapaud peut mettre 20 minutes à traverser une route, ce qui explique que le bilan puisse être très meurtrier !

© Alain Collet© Alain Collet

Dans la nature
- ne pas rouler dans les ornières en eau, surtout au printemps et en été
L’explication Les amphibiens se reproduisent en milieu aquatique, et c’est aussi là que les œufs, larves ou têtards grandissent. Rouler dans les ornières c’est risquer d’écraser tous ces amphibiens !

- ne pas prélever ni déplacer les œufs, têtards, larves ou adultes (c’est illégal !)
- ne pas relâcher des espèces exotiques dont vous souhaitez vous défaire, qu’elles soient d’amphibiens ou de poissons
L’explication En prélevant des amphibiens, on fragilise les populations. Et en les déplaçant on risque non seulement de les perturber, mais aussi d’introduire des maladies et des plantes invasives éventuellement présentes dans leur habitat précédent. Ceci est aussi valable pour les espèces exotiques relâchées dans la nature. Ces espèces peuvent contaminer les espèces locales avec de nouvelles maladies (comme la chytridiomycose), polluer leur code génétique, entrer en compétition avec elles pour l’alimentation ou les consommer… Enfin relâcher des poissons dans la nature, c’est relâcher des prédateurs supplémentaires des œufs d’amphibiens.

En altitude
- vous êtes randonneurs et vous avez repéré des amphibiens morts ou malades de vos excursions ?
Merci de nous aider en remplissant un de ces questionnaires http://www.bd-maps.eu/survey/?lang=fr ou http://www.alerte-amphibien.fr/signaler-mortalite.php
L’explication Attention au chytride ! Depuis quelques années ce champignon entraîne une maladie mortelle chez les amphibiens. Il n’existe actuellement aucun traitement, d’où l’importance de faire attention, et de communiquer toute observation faite d’un amphibien malade. L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature estime qu’au rythme des 10 dernières années, cette maladie pourrait conduire à l’extinction la plus rapide qui ait jamais eu lieu depuis que l’humanité existe.

Si vous trouvez un animal blessé
- s’il est légèrement blessé, placez-le à l’abri : sous des plantes, au milieu de branches ou de feuilles, et laissez-le se rétablir de lui-même,
- s’il est gravement blessé, vous pouvez contacter un centre de soins : http://www.apsana.info/faune/centresoins.htm

CRÉER UNE MARE
Configuration
- choisir un endroit assez lumineux : lumière et chaleur sont nécessaires au développement des œufs, larves et têtards,
- créer plusieurs niveaux de profondeur, avec une zone entre 0,60 et 1 m de profondeur au centre. Celle-ci ne gèlera pas et n’entraînera donc pas la mort des amphibiens qui y passeraient l’hiver,
- aménager des pentes d’accès douces pour faciliter l’accessibilité,
- disposer des plantes (de la région !) dans et autour de la mare : elles oxygéneront l’eau et serviront d’abris aux amphibiens lors de leurs entrées et sorties dans la mare. L’idéal est d’avoir un mélange de plantes flottantes et de plantes immergées.
- remplir d’eau de pluie récupérée,
- disposer des graviers sur les bords pour aider les têtards récemment métamorphosés à sortir.

Gestion
Une mare peut mettre deux à trois ans à être colonisée.

Quelques précautions à prendre :
- ne pas déplacer de force des amphibiens vers ou en-dehors de votre mare ! C’est interdit par la loi et cela peut entraîner l’introduction ou la propagation de maladies !
- pour sécuriser votre mare pour les enfants, vous pouvez l’entourer d’une clôture d’au moins 1,10 m et fermée par une porte à clé ; ainsi qu’installer une grille en métal pour couvrir la mare.

Suggestions de plantes
- sur les bords de la mare : renoncule flammette ou petite douve (Ranunculus flammula), menthe aquatique (Mentha aquatica), iris des marais ou iris faux acore (Iris pseudacorus), callitriches (Callitriche sp.) ;
- plantes immergées : potamot à feuilles crépues (Potamogeton crispus), cornifle épineux (Ceratophyllum demersum) ;
- plantes flottantes : nénuphar blanc (Nymphaea alba) et nénuphar jaune (Nuphar lutea).

4. A qui sont ces cris ? Le jeu !

Extrait du jeu A qui sont ces cris ? / © MNHN – OpixidoExtrait du jeu A qui sont ces cris ? / © MNHN – Opixido

Vous avez pu écouter au calme les chants des espèces présentées. Mais sauriez-vous les reconnaître de nuit, lors d’une balade en forêt ?
Pour vous entraîner à différencier les animaux entre eux rien de tel que notre jeu ! Attention aux pièges...

5. Pour en savoir plus

Françoise SERRE-COLLET Sur la piste des reptiles et des amphibiens, Dunod, Paris, 2013.
Un guide pratique pour identifier et mieux connaître les espèces françaises.

Jean LESCURE et Jean-Christophe de MASSARY (dir.) Atlas de répartition des amphibiens et reptiles de France, Biotope-MNHN, Paris, 2012.
L’atlas s’appuie sur près de 180 000 données d’observation amassées par plus de 6 000 observateurs !